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Encart normand

Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

 

Présentation !

  

Né à Pont-de-l'Arche en 1980 j'ai étudié l'histoire à l'université du Havre avant de devenir agent des bibliothèques.

J'ai utilisé depuis mes connaissances en mettant en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche et des Damps :

- visites guidées gratuties ;

- publication d'un magazine (La Fouine, 20 n°) ;

- un livre : L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, éditions Charles Corlet, 2007.

Accessible sur Gallica2 ;

- un livre sur Pont-de-l'Arche par la carte postale ancienne édité chez Alan-Sutton en 2008.


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Bonjour !

Bienvenue sur ce blog consacré au patrimoine de Pont-de-l'Arche et sa région, dans l'Eure (cliquez ICI pour localiser). 

N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

"Monsieur le lieutenant général de police de la bailliage et vicomté du pont de l’arche.

 

 

Je vous remontre que les habitants de la paroisse de pose donne journellement à leur curé la preuve de leurs immodesties, tant dans l’église ; qu’en causant du scandale, festes et dimanche, en (…) à boire dans les cabarets pendant la grande messe et les vèpres ; jouant sur les places à la boule : ces abus et scandals ne proviennent que du fait des cabaretiers parce que s’ils ne leur donnoient à boire pendant l’office les jeux ne le trouverroient point remplis pendant la grande Messe, vêpres et salut ; à peine de cinquante livres d’amande que deffenses seront pareillement faites aux cabaretiers, taverniers, vendant cidre, poiré, vin, eaux de vie et autres liqueurs, de donner à manger, ni à boire à aucune personne pendant la grande messe, vepres et salut à peine de cent livres d’amende pour la premiere fois et de plus grande peine en cas de recidive, faire pareillement deffense a toute personne de travailler dans les champs les fêtes et dimanches, notamment pendant le Service Divin sans auparavant en avoir demandé la permission au dit Sieur Curé dans les cas urgents ; à peine de cinquante livres d’amande le tout conformément aux arrets et reglements de la Cour ; et pour les habitants de cette paroisse font plus les jours de fêtes quoi qu’il n’y ait aucunement apparence de mauvais temps, travaillent sans demander la permission au Sieur curé ; il est provisoire de remedier a de pareils scandals et abus prohibés par les ordonnances de la Cour, par quoi nous avons l’honneur de vous presenter notre réquisitoire ;

Requerons pour le Roy que deffenses soient faites a toutes personnes de la paroisse de pose d’assister aux offices avec immodestie, à boire dans les cabarets, ny jouer à la boule et cartes et autres jeux dans les places publiques et maisons pour que personne n’ignore de la sentence à intervenir elle sera imprimée, luë, publiée ; et affichée, tant à l’église qu’aux places publiques de Pose et notamment contre les maisons des aubergistes : deffenses seroient faittes à toutes personnes d’arracher les placards, à peine d’être poursuivi suivant la rigueur des ordonnances et vous ferez justice".

 

Réponse du substitut du Bailli de Pont-de-l’Arche, Sansom :

 

"Vu le réquisitoire et sur quoy faisant état, nous avons ordonné que les (…) arret et reglement de police seront exécutés"…

 

Commentaires…

 

Cette requête est tout à fait rigolote : nous avons-là un curé qui pleure son impuissance auprès du bailli… et comment ! Le curé de Poses se plaint de tout : les bruits pendant la messe, l’alcoolisme et les festivités, les jeux de cartes et de boules, mais aussi les cas où les paroissiens travaillent le dimanche au lieu d’aller à la messe… Et ce n’est pas tout, il semble, selon le curé, que des paroissiens aient fait des "scandals" durant la messe, visiblement à cause de l’alcool, ce qui dût évidemment déclencher sa fureur… Et le religieux ne fait pas dans la mesure : il dicte aux autorités du bailli de Pont-de-l’Arche quelles peines doivent être appliquées, selon son bon désir, et avoue son incapacité à faire entendre ses réclamations en interdisant aux paroissiens d’arracher les textes affichés sur les murs…

Plus risible encore, le curé ne se plaint pas que des abus et des festivités, c’est l’incroyance en général qui l’insupporte : tous les paroissiens seront, à sa demande, obligés d’assister aux offices sobrement et tous les dimanches encore !

Ce texte a donc l’avantage de remettre en cause un cliché selon lequel les gens auraient été pieux sous l’Ancien Régime avant de prendre des distances vis à vis de la religion après la Révolution. Si elles n’étaient pas athées, nombre de personnes étaient déjà largement autonomes dans le choix de leurs croyances. Le village fluvial de Poses, drainant des mariniers, réputés pour ne pas cracher sur la boisson, et l’état de rage du curé, grossissent et exagèrent certainement le quotidien, mais ce n’est qu’une traduction du mouvement d’individualisation des consciences que l’on voit ici.

Allez, pour finir en ironisant encore un peu : devant une telle requête, le bailli de Pont-de-l’Arche n’a pas voulu vexer notre bon curé et lui a tout simplement répondu ce qu’il voulait entendre. Il reprit alors les termes de la condamnation du curé, pourtant farfelus et tout à fait inapplicables, comme pour lui dire poliment : cause toujours tu m’intéresses !


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Extrait du Livre d’or de la commune.

 

"Le 21 octobre 2000 :

            Nous accueillons ce jour le lieutenant Greaves, pilote de la 9e Air Force, qui est venu spécialement de l’Amérique de l’Ouest, province du Montana, pour revoir une région de France qui lui rappelle beaucoup de souvenirs.

            Durant les jours qui précédèrent la Libération de notre région, de nombreux raids aériens furent menés par les alliés pour anéantir les voies de communications et couper la retraite des troupes allemandes, les empêcher de franchir la Seine, dans la mesure du possible.

            Le 23 août 1944, une escadrille américaine de la 9e Air Force s’envola de l’aérodrome de Saint-Lambert, établi en Normandie, pour bombarder le pont de barges établi à Poses, le pont d’Oissel, en cours de réparation, le pont de fer du Manoir, et mitrailler les convois militaires allemands qui cherchaient à emprunter ces ouvrages.

            En fin d’après-midi, les Lockheed P38 (ou célèbres doubles fuselages) attaquèrent des convois allemands qui s’engouffraient sur la route de Léry à Poses. Vers 16 h 30, un avion fut touché par la D.C.A. Son pilote, le lieutenant Greaves, s’éjecta et se posa dans une prairie à flanc de coteau, au dessus d’une route bondée d’Allemands qui s’empressèrent de la capturer. Son avion s’écrasa à la verticale dans la forêt des Damps.

            Prisonnier, il fut emmené de l’autre côté de la Seine mais, reprenant ses esprits, il s’échappa dans la nuit et fut recueilli par de sympathiques bûcherons qui le menèrent vers de bons Français, ici présents.

            56 ans après, M. Greaves est revenu parmi nous, désirant se remémorer ces événements qui furent une étape importante de sa vie." 

 


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Qui a fait bâtir la chapelle et quand ?

La chapelle Saint-Pierre des Damps fut inauguré en 1856 grâce aux deniers réunis par les fidèles catholiques de la commune et ce après plusieurs années de souscription. La dernière famille noble ayant résidé aux Damps, les De Lux, joua un rôle moteur en apportant une somme importante qui a financé la fonte de la cloche, en 1854, qui en porte la mémoire. Les De Lux habitaient la ferme de la Côte. Les sommes réunies ont permis la construction de la modeste chapelle que l’on voit aujourd’hui.

Après 1856, le curé de Pont-de-l’Arche et son vicaire venaient régulièrement célébrer la messe dans la chapelle, moyennant une contribution de la commune. Des grillages furent apposés en 1888 pour protéger les vitraux côté nord. La chapelle est devenue une propriété de la commune des Damps en 1905 dans le cadre de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. C’est donc la commune qui assure depuis toutes les réparations et notamment celles causées en août 1944 lors de la débâcle allemande et, plus récemment, l’entretien de la croix du cimetière et de la cloche.


Quel est son intérêt patrimonial ?

La chapelle Saint-Pierre ne comprend qu’un seul vaisseau couvert d’un toit à longs pans en ardoises et surmonté d’un clocheton carré en forme de flèche. Les murs latéraux sont percés d’ouvertures en plein cintre (3 au nord, côté Eure, et deux au sud). De petits moellons calcaires ont été utilisés en remplissage et des briquettes rouges en chaînage. Un presbytère en fut adjoint à la chapelle dès l’origine puis fut agrandi côté sud avec de la briquette rouge.

Une croix en calcaire taillé et sculpté au XVIe siècle est situé dans la cour. Il est un des rares vestiges des pierres de l’ancien cimetière.


Une église et une paroisse médiévales disparues…

Le plus ancien document qui atteste l’existence d’une église aux Damps date de 1020. Bien évidemment cette église existait déjà auparavant. Ce premier document nous apprend que l’église des Damps était déjà placée sous le patronage de Saint-Pierre et qu’elle constituait une paroisse à part entière. Les revenus et l’entretien de celle-ci avaient été remis à l’abbaye de Jumièges par le duc de Normandie. Quelle était l’architecture de cette église disparue ? Selon toute vraisemblance, c’était une église romane. Quant à ses dimensions, il semble qu’elles n’aient pas dépassé de beaucoup celles de la chapelle actuelle.

La paroisse des Damps, qui existait au moins depuis 1020, a toujours souffert de la proximité de Pont-de-l’Arche, ville née bien après le village des Damps. Elle fut englobée dans la paroisse de Pont-de-l’Arche quelques années avant la Révolution française. C’est ainsi qu’en 1789, les habitants des Damps et de Pont-de-l’Arche ont présenté leurs remontrances au roi dans les mêmes cahiers de doléances. L’ancienne église Saint-Pierre fut démolie à la toute fin du XVIIIe siècle par décision de la paroisse de Pont-de-l’Arche…


Litiges avec Pont-de-l’Arche sur le cimetière…

La paroisse des Damps mourut quelques temps avant la Révolution française. L’église, comme le reste des Damps, devint donc une propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche. Cependant la Révolution française créa la commune des Damps en 1790 et celle-ci était, bien évidemment, indépendante de Pont-de-l’Arche. La même année, tous les biens du Vatican devinrent des propriétés de l’Etat. L’église des Damps fut donc gérée par la commune des Damps pour le compte de l’Etat. Mais, en 1801, Napoléon signa le concordat avec le Vatican et l’église des Damps redevint une propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche… Cette paroisse vendit les pierres de l’église Saint-Pierre à la toute fin du XVIIIe siècle afin de financier son nouveau presbytère…Les habitants des Damps y étaient tout à fait opposés, d’autant plus que, désormais, il n’y avait plus de culte possible et donc plus de cérémonie funèbre... Car la paroisse de Pont-de-l’Arche avait aussi des vues sur le cimetière, qu’elle considérait comme sa propriété. Elle ne voulait plus qu’on enterre les morts des Damps (et ce pour pouvoir revendre les pierres des tombes et des murets)… Après un imbroglio administratif, le préfet de l’Eure trancha en la faveur des Dampsois. La commune des Damps retrouva tous ses droits sur le terrain de l’ancienne église en 1848. La construction d’un nouveau lieu de culte était de nouveau possible. Une souscription des Dampsois permit de bâtir une chapelle en 1856 entourée de son cimetière, de nouveau utilisé et ce jusqu’en 1925.



Pourquoi « Saint-Pierre » ?

Saint Pierre était le patron des pêcheurs et des agriculteurs. Plus précisément, il était le patron de l’orge car cette céréale monte en épi durant la dernière semaine du mois de juin (entre la Saint-Jean et la Saint-Pierre.). Cette hypothèse correspond plutôt bien à notre village dont la majorité des habitants vivaient de la pêche et de l’agriculture. Qui plus est, l’ancienne église était située entre les eaux et les terres agricoles, en contrebas du plus ancien site d’habitation des Damps, c'est-à-dire Les Vauges. Or, bien souvent, le culte chrétien rendu à saint Pierre a remplacé un lieu de culte païen offert à un dieu de la fertilité.


La « confrérie Saint-Pierre »…

Des groupes de chrétiens laïcs se constituèrent durant les épidémies de peste afin d’aider les familles à enterrer les nombreuses victimes. Elles apportaient à la fois une aide physique et morale. Ces groupes portent le nom de « confréries de charité » c’est-à-dire étymologiquement un « groupe de frères qui apportent leur charité ».

La paroisse des Damps a elle aussi eut sa confrérie qui exista jusqu’aux alentours de la Révolution. Celle-ci, pour financer un peu ses activités, percevait une partie des taxes payées par les passagers du bac qui relait Les Damps à Alizay en passant par le confluent de l’Eure et de la Seine.



Sources :

- L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, Armand Launay.

- Fonds Mérimée du ministère de l’agriculture.

- Fonds patrimoiniaux du Conseil général de l’Eure.


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L'église Notre-Dame-des-arts a fait l'objet de très nombreuses éditions de cartes postales qui concernent Pont-de-l'Arche.

L'on pourrait être tentés de délaisser ces vues tant elles se ressemblent de loin.

Sur cette carte postale colorisée des années 1960, on peut lire quelques détails intéressants.
Sur la gauche se trouve une porte dans un muret de pierre. Il n'existe plus aujourd'hui où il a été remplacé par une grille qui condamne l'accès aux remparts.

La tour-clocher est encore entièrement recouverte d'essentes (ardoises) alors qu'aujourd'hui seuls les pans de bois en sont recouverts, laissant à l'air libre les espaces qui les séparent. L'horloge a elle aussi disparu.

Deux baies sont vides. Elles s'apprêtent à accueillir des vitraux contemporains

C'est ça les cartes postales, le plaisir du voyage géographique, le plaisir de découvrir de petits détails qui en disent long, parfois, sur l'évolution des paysages, des monuments et des modes de vie...

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Il y a beaucoup de choses à écrire sur le patrimoine de Pont-de-l'Arche. J'ai déjà commencé à publier le fruit de mes recherches. Ma prochaine publication portera sur l'industrie du chausson et de la chaussure dans la région de Pont-de-l'Arche.

Mais, comme ce n'est pas possible de publier tout à la fois, quel serait le meilleur sujet d'étude pour une prochaine publication ?

Comme je n'ai pas de réponse précise, je vous propose de sélectionner un projet parmi les 4 présentés ou de m'en suggérer un : armand1@no-log.org

Merci de votre contribution !


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