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Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

L'auteur

  

Né à Pont-de-l'Arche en 1980 j'ai étudié l'histoire à l'université du Havre avant de devenir agent des bibliothèques. J'ai utilisé depuis mes connaissances en mettant en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche et des Damps :

- visites guidées gratuties ;

- publication d'un magazine (La Fouine, 20 n°) ;

- un livre : L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche. Il a été édité par les éditions normandes Charles Corlet en 2007. Accessible sur Gallica2 ;

- un livre sur Pont-de-l'Arche par la carte postale ancienne édité chez Alan-Sutton en 2008.

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Bonjour !

Bienvenue sur ce blog consacré au patrimoine de Pont-de-l'Arche et sa région, dans l'Eure (cliquez ICI pour localiser). 

N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

Mercredi 12 septembre 2007

bâtiment

 

architecture

 

Complément d’information

 

« Maison Papeil »

 

Cette maison présente les caractéristiques de l’architecture normande locale des XVIIe  et XVIIIe siècles. Ses murs latéraux sont maçonnés en pierre calcaire et en silex. La maison qui nous intéresse présente, de plus, cinq rangs de silex noir qui a vocation de décoration. Des pierres de tailles renforcent les angles et composent un chaînage uniforme qui relie le pignon à la base de la maison. La cheminée prend naturellement appui sur un pignon dont les pierres constituent une protection contre quelque incendie. Le chef de la cheminée n’est pas d’origine (briquette).  

 

Les façades sont faites de pans de bois dont une allège (partie située sous la fenêtre du premier étage) en croix de saint-André, motif de décoration courant et élégant. La fenêtre du premier étage recouvre ses dimensions originelles, contrairement à de nombreuses maisons d’époque dont les ouvertures ont été largement agrandies et reportées à d’autres endroits des constructions.  Par exemple ici, les fenêtres qui donnent sur la rue : elles ne tiennent pas du tout compte des lignes de silex. Une lucarne vient éclairer l’intérieur du grenier. Notons que le toit déborde de celle-ci car il permettait d’installer un système de poulie afin de monter le grain depuis le sol au grenier.  

 

Les pentes du toit sont raides car elles devaient soutenir la lourdeur causée par la petitesse des tuiles normandes, nombreuses au mètre carré donc. 

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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Mercredi 12 septembre 2007

bâtiment

 

 

architecture

 

 

Complément d’information

 

 

Mairie

 

 

La mairie des Damps ne cache pas son principal matériau : la briquette rouge. Lorsqu’il est largement employé, celui-ci symbolise l’architecture de la fin du XIXe siècle. La pierre calcaire est le deuxième matériau, issu des ressources locales. La mairie des Damps fut inaugurée en 1879 : son architecture marque le basculement de l’utilisation de la pierre calcaire à la briquette, matériau plus modulable car créé par l’homme. Ce bâtiment accueillit dès ses débuts le logement du secrétaire de mairie qui était aussi l’instituteur communal. L’école se trouvait elle aussi dans ce bâtiment. Le parking actuel recouvre l’ancienne cour de récréation. La destination de mairie peut se lire dans le petit frontispice (triangle) qui se trouve juste en dessous du toit. Le frontispice est un rappel des temples classiques qui renvoient dans notre culture à la civilisation gréco-romaine, berceau de l’idée républicaine. Le toit est couvert d’ardoises, matériau dont la légèreté explique sa faible pente.

 

 

La mairie fut construite par la première équipe républicaine qui administra la commune. La commune, créée en 1790, n’avait pas encore de maison commune. Les réunions du Conseil municipal et les archives se trouvaient dans le logement des maires successifs. La mairie marque la volonté des Dampsois de gérer eux-mêmes leur commune. Ils s’opposèrent à quatre projets de réunion de la commune à celle de Pont-de-l’Arche. La commune des Damps était un bastion républicain radical qui accueillit Pierre Mendès France à bras ouverts. La commune vota à 70 % pour lui quand il se présenta aux législatives de 1932 et 1936.

 

 

 

 

 

 

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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Mercredi 30 mai 2007

Les premiers contacts.

 

 

Article extrait de L’Elbeuvien du 6 août 1932 :

 

"Les Damps. – Fête républicaine.

 

M. Mendès France, député, a été reçu samedi à la Mairie des Damps par la municipalité, une délégation des élèves de l’école communale, la société des Tambours et Clairons et un grand nombre d’habitants.

 

Une charmante fillette, Mlle Fernande Milliard dit un compliment au nouveau député et lui remit une superbe gerbe de fleurs qui fut, par la suite, déposée au monuments aux Morts. M. Prémillieux, Maire, souhaita ensuite la bienvenue à M. Mendès France qui lui répondit en faisant l’éloge de la petite Commune, rappelant la belle majorité qu’elle lui avait donné. Devant le monument aux Morts où les enfants déposèrent des gerbes, on observa une minute de silence, puis on se rendit au restaurant Félix-Hublet, où un dîner soigné attendait une quarantaine de convives dans une salle artistement (sic) décorée".

 

 

Ce document montre l’accueil réservé à Pierre Mendès France dans notre village. Ce jeune avocat venait de se présenter aux élections législatives de 1932 sous l’étiquette du Parti Radical. Or, ces élections n’étaient pas gagnées d’avance pour Pierre Mendès France car il venait de Paris, professait des idées politiques nettement ancrées à gauche et était d’origine juive ce qui déplaisait aux conservateurs et principalement aux ligues d’extrême droite qui lui rendirent sa campagne difficile. Malgré tout, le candidat radical se fit élire avec seulement 232 voix d’avance et ce grâce à l’électorat ouvrier des villes telles que Louviers… La particularité des Damps était la présence depuis de nombreuses années d’une opinion républicaine avancée qui avait élu aux fonctions de Maire M. Prémillieux.

 

         Par ailleurs, ces quelques lignes nous apprennent l’existence de la fanfare appelée La société des tambours et clairons montrant, ainsi que la commémoration de la Première Guerre mondiale, l’étendue de l’influence de la chose militaire dans la société française des années 1930. En effet, les tambours et les clairons sont des instruments usuels dans l’armée.

 

         Quant au restaurant Félix Hublet dont il est question, il se trouvait en face du pont sur l’Eure, à gauche du bar actuel. Il était tenu par la femme de cet homme qui, lui, assumait les activités agricoles de l’exploitation familiale.

 

 

Les liens privilégiés entre Pierre Mendès France et Les Damps.

 

 

Bien qu’il soit vrai que Pierre Mendès France ait eu un bon contact avec ses concitoyens en général, nous pouvons tout de même dire que le village des Damps lui était particulièrement cher. Nous avons déjà vu quel accueil notre village lui avait réservé lors de sa première candidature locale, en 1932, où les Dampsois votèrent à 70 % pour le jeune radical (le record de la circonscription !) et l’accueillirent ensuite pour fêter son élection. Pierre Mendès France avait donc ici le soutien de la grande majorité de la population ainsi que celui du Maire, M. Prémillieux, qui présidait le comité républicain de gauche du canton (radical, en fait)…

 

C’est ainsi que ces relations se traduisirent par des avancées notables pour notre commune : M. Mendès France aida les ouvriers grévistes à retrouver un emploi et facilita la subvention du premier pont sur l’Eure, par exemple…

 

Outre ces aides politiques, la présence de Pierre Mendès France était constante, malgré ses nombreuses responsabilités (Président du Conseil, député, Conseiller général de Pont-de-l’Arche…). Il venait assister et participer aux remises des prix de l’école primaire (M. Roland Lenoir, instituteur et secrétaire de Mairie, était un radical convaincu, ce qui aidait les relations…), aux inaugurations (comme celle de la rue Neuve), aux festivités (dans la salle Kali (Fénoroc))… Mais là où les relations dampsoises furent particulièrement importantes pour notre homme, ce fut lors de l’arrivée des troupes nazies. Pierre Mendès France avait servi dans l’aviation pour lutter contre l’armée nazie et était désormais recherché pour ses convictions démocratiques et ses origines juives. Il se réfugia, quelques temps, aux Damps, avant de gagner l’Angleterre et de participer à faire de la France une nation alliée, auprès de De Gaulle, à Londres.

 

         Mais il y a une fin à tout, les délibérations du Conseil Municipal témoignent, elles aussi, de la disparition de Pierre Mendès France, en septembre 1982 : "A l’ouverture d’une séance (…) une minute de silence a été observée en mémoire du Président Mendès-France, récemment décédé". C’est le dernier clin d’œil dampsois adressé à celui qui fut reconnu comme l’un des plus grands hommes politiques français du siècle dernier. Il fut, quoi qu’il en soit, le plus grand personnage qu’ait connu notre village…

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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