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Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

L'auteur

  

Né à Pont-de-l'Arche en 1980 j'ai étudié l'histoire à l'université du Havre avant de devenir agent des bibliothèques. J'ai utilisé depuis mes connaissances en mettant en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche et des Damps :

- visites guidées gratuties ;

- publication d'un magazine (La Fouine, 20 n°) ;

- un livre : L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche. Il a été édité par les éditions normandes Charles Corlet en 2007. Accessible sur Gallica2 ;

- un livre sur Pont-de-l'Arche par la carte postale ancienne édité chez Alan-Sutton en 2008.

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Bonjour !

Bienvenue sur ce blog consacré au patrimoine de Pont-de-l'Arche et sa région, dans l'Eure (cliquez ICI pour localiser). 

N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

Jeudi 26 janvier 2006

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire Historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : éditions Delcroix, 1868, 960 pages.

 

 

Les Damps   

 

Paroisse des, vic. Élec. de Pont-de-l’Arche.  

 

- Dioc., bail., parl. et gén. de Rouen.  

 

Les médailles romaines et les restes de constructions antiques trouvés aux Damps, ont supposer à M. Rever qu’il fallait y placer la station d’Uggade, indiquée par les itinéraires entre Rouen et Evreux ; il paraît en effet que cette ancienne ville gauloise s’étendait sur la rive de la Seine depuis Caudebec jusqu’aux Damps.  

 

Au reste, Les Damps, heureusement placés sur la Seine, au confluent de l’Eure, avaient autrefois un port sur le grand fleuve, déjà célébré du temps des Romains. Il s’y livra en 896, entre les pirates du Nord et les Français, un combat dont le récit se trouve dans Guillaume de Jumièges [1]. "Rollon, dit-il, s’étant emparé de Rouen, méditait la ruine de Paris. Lui et les siens détachant alors leurs navires sillonnèrent les flots de la Seine et vinrent s’arrêter aux Damps, que l’on appelle aussi Arches [2]. Renaud, généralissime des troupes françaises, ayant appris l’arrivée des païens, se porta au devant d’eux, sur le fleuve de l’Eure, avec une vaillante armée, et envoya en avant, avec d’autres députés, Hastings, qui habitait Chartres et qui connaissait leur langage ; il vint à eux en suivant le cours de la rivière d’Eure". "Il leur demanda ce qu’il voulaient ; Rollon répondit qu’ils ne voulaient se soumettre à personne, mais se rendre maîtres de tout ce qu’ils pourraient conquérir".  

 

"Hastings alla porter cette réponse au chef français. Pendant ce temps, Rollon et ses Normands se firent des retranchements et une redoute en forme de château ; ils se fortifièrent derrière une levée de terre en laissant au lieu de porte un vaste espace ouvert".  

 

"A la pointe du jour, les Francs se rendirent à l’église Saint-Germain de Louviers [3], entendirent la messe, participèrent au corps et au sang du Christ. Partant de là, ils perçurent bientôt sur les rives du fleuve les vaisseaux des pirates, et ceux-ci cachés derrière leurs retranchements. L’attaque a lieu sur-le-champ ; mais les Normands, cachés et recouverts de leurs boucliers, se relèvent. Roland, porte enseigne du général des Francs, s’élance avec ardeur ; il est tué au premier choc. Sa mort entraîne la fuite des assaillants, et Rollon peut ensuite sans obstacle lever son camp des Damps et s’avancer sur la Seine jusqu’à Meulan".  

 

Lorsque les Normands se furent fixés dans le pays, Les Damps firent partie du domaine ducal. Il y existait surtout des pêcheries importantes. Vers 1020, Richard II donna aux moines de Saint-Père 8 seines [4] dont deux dans le port des Dancs, deux à Elbeuf etc. En 1023, il donna également aux moines de Fécamp des pêcheries aux Damps. L’année suivante, il gratifiait l’abbaye de Jumièges, de l’église des Damps et de trois hôtes ou fermiers ? Cette dernière libéralité fut confirmée par le roi Henri II en 1174.  

 

Hervé des Dans figure dans le compte du receveur de la baillie du Vaudreuil en 1180, pour une amende de 10 s. pour vin survendu. En avril 1232, Godefroy des Dans, clerc, vendit à Robert, fils de Richard, de Léry, un héritage à Léry, relevant du fief de la Senne, pour le tenir à l’avenir de l’abbaye de Bonport.  

 

Une charte de Simon Bonard, de 1235, fait mention d’un chemin allant de Léry aux Damps.  

 

Au mois de mars 1248, une femme nommée Philippe des Dans, acheta de Jean Rigneut, du Pont-de-l’Arche, une pièce de terre, moyennant 60 s. t.  

 

On trouve dans divers actes de vente de 1259, 1261 et 1281, les noms de Guillaume Cornard, Jehan Lemoine, Sylvestre Porsonnier, Richard Lestoré, Etienne Legallois, Sylvestre des Dans, Vivien des Dans et autres, tous habitants de la paroisse.  

 

André des Dans afferma, le 20 août 1284, une pièce de terre à Regnault d’Ybermens, pour 6 s. de rente ; l’année suivante, il vendit aux religieux de Bonport 5 s. de rente qu’il avait sur un pré à Léry, moyennant 40 s. de monnaie courante.  

 

En 1303, les pêcheurs des Damps et de Limaye (Lormais, à l’article de Léry) pouvaient pêcher dans toute la garenne de Léry lorsque la Seine était débordée [5].  

 

En mai 1331, Philippe le Bel donnait à Etienne de la Chapelle, son cuisinier, des héritages assis aux Damps, à Léry, et dans les environs, qui avaient été confisqués sur Robert de Gasny, pendu pour ses démérites. Il se trouve que ce domaine de Léry appartenait alors à Blanche de France, fille de Philippe le Long, qui en avait hérité de sa mère Blanche de Bourgogne, morte en 1330. Cette princesse prétendit que les biens du supplicié lui appartenaient par échoite, et avec l’approbation de sa famille, elle les donna à deux religieuses de Longchamps ; mais Guillaume de la Chapelle, fils d’Eustache, fit une vigoureuse résistance en s’appuyant sur la donation faite à son père. Le roi intervint par lettre de juillet 1335 et ordonna l’exécution d’une décision de ses gens de comptes, qui avaient adjugé les héritages à Blanche de France. Laurent des Damps est cité sans la lettre de Philippe de Valois dont nous venons de parler.  

 

La paroisse des Damps avait dans la forêt de Bord des droits importants dont on trouve l’énumération dans le coutumier des forêts, rédigé vers 1401, puis dans deux actes subséquents de 1424, 1445 et enfin dans un arrêt du Conseil de 1673, déposé aux Archives de l’Eure [6].  

 

Henri VI, roi d’Angleterre, confirma aux religieuses de Longchamps, le 20 février 1434, les biens qu’elles possédaient aux Damps et dans les environs [7].

         On trouve aux Damps, en 1612, N.H. Gratien de la Faye, membre d’une famille distinguée qui est restée pendant plusieurs siècles dans les environs de Pont-de-l’Arche. Adrien de la Faye, fils de Nicolas et de Marguerite de Farouil, habitait Les Damps lorsqu’il fut maintenu de noblesse en 1666. Il faut en dire autant d’Antoine de Héris, qui paraît avoir eu la seigneurie du Mesnil de Poses.  

 

La Faye : de gueules, à la fasce d’or, accompagnée en chef d’une croix fleuronnée et en pointe d’une tour, le tout d’or.  

 

Héris : d’argent, à la bande azur, chargé de trois mollettes d’or, à la bordure en greslée de gueules.  

 

Le 22 juillet 1681, une ordonnance de Louis XIV permettait aux Damps la culture du tabac, mais les plantations ayant été détruites, un arrêt du Conseil du 9 août 1723 accorda aux habitants des Damps une diminution de 395 l. sur leurs tailles.  

 

         Le bac de l’hôtellerie de la Maison Rouge à la garenne et aux Damps appartenait au seigneur de Rouville, qui le donnait à ferme avec l’hôtellerie et le droit de pièce du fief de la Bosse, servant à attacher les bateaux montants et avalants [8].  

 

D’après un aveu du président Portail, châtelain du Vaudreuil, l’église et le Manoir des Damps faisaient partie de son domaine fieffé.  

 

Fief : La Barre des Damps. De 1206 à 1238, on voit figurer dans les chartes de Bonport, soit comme vendeur, soit comme témoin, un Guillaume Barre ou de la Barre, qui était de Léry, et qui pouvait tirer son nom de la Barre des Damps.  

 

Robert Roudart et une femme nommée Philippe Goujon, en raison des terres sises à la Barre des Damps et dans le voisinage devaient porter à l’abbaye de Saint-Ouen tout le poisson qu’ils prenaient, depuis Crémonville jusqu’à l’embouchure de l’Eure (la veille de la Saint Ouen).  

 

Le 7 janvier 1682, Pierre de Lux, esc., sieur de la Barre, demeurait en la paroisse des Damps.  

 

Lux : écartelé : au 1 d’or, à trois pals de gueules ; au 2 d’azur à la tête de Licorne d’argent ; au 3 d’azur, à l’aigle déployé d’argent ; au 4 de gueules, au léopard couronné d’or.  

 

En 1743, Nicolas Grospoisson, arpenteur, était syndic des Damps [9] 

 

Les Damps, cant. de Pont-de-l’Arche, au confluent de la Seine et de l’Eure, bac à voitures sur l’Eure, à 12 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines – Surf. Terr., 474 hect. – Pop., 281 hab. – 4 contrib., 2,216 f. en ppal. – Réunion pour le culte et l’inst. à Pont-de-l’Arche. Bur. de Bienf. – 4 déb. de boisson. – 2 perm. de chasse. – Dist. au ch.-l. de dép., 35 ; d’arr., 12 ; de cant., 2. 

 

Dépendances : Le Fort-Buisson, Le Val.  

 

Agriculture : céréales, plantes sarclées.  

 

Industrie : néant. – 6 patentés.

 


[1] Ce combat paraît avoir été confondu.  

 

[2] Pont-de-l’Arche aurait donc été établi sur le territoire des Damps, qui s’étendait jusqu’à Bonport et Criquebeuf-sur-Seine.  

 

[3] Sur Louviers…  

 

[4] Filets de pêche.  

 

[5] Vicomté de l’eau, page 140. Notes Le Prévost.

[6] Notes Le Prévost. On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny.

[7] On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny. M. de Beaurepaire, Vicomté de l’Eau.

[8] M. de Beaurepaire, vicomté de l’Eau .

[9] Vaudreuil, page 196.

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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Mardi 20 décembre 2005

  

The British camp

 during the First World War:

 the Royal Flying Corps

 in Les Damps and Pont-de-l’Arche 

 

 

 

     

 

During the First World War, the whole area between Pont-de-l’Arche and Les Damps was occupied by the Royal Flying Corps, the Royal Air Force’s ancestor. Nowadays, a large part of the village of Les Damps is still known as the Camp.

          That camp was used for the repair of the engines of the First World War planes which gave the English army such fame. Several hundred British soldiers settled on the premises of a shoe-factory (Georges Prieur’s Sons), the present Bosch’s factory, and covered a vast area with concrete slabs in order to build wooden buildings to accommodate the troops. Those slabs were also used to run the planes and test their engines. However, it doesn’t seem that the planes actually took off either from Les Damps or Pont-de-l’Arche.

          It’s cheerful to report that the British soldiers had a good time in the cafés in Pont-de-l’Arche. To be anecdotal, it was the first time the people in the vicinity saw men in “skirts”, that’s to say the Scottish soldiers. The former community-hall in Pont-de-l’Arche was also used as a place of entertainment by the troops and the locals as a journalist wrote in L’Industriel de Louviers on the 20th of January 1917:

          “Pont-de-l’Arche. – Cinema Concert. On Sunday 4th January at half past six p.m., the Royal Flying Corps in Pont-de-l’Arche was offering their soldiers a cinema night in the aviation camp. A symphonic orchestra delighted the audience. Several pieces of the repertoire were very much applauded, among which: various Irish and English tunes. On Monday night, the commander and the officers had invited a great number of people from Pont-de-l’Arche, who really enjoyed watching the famous English film: the Battle of the Somme, in witch all our Tommies rivalled in spirit and bravery. Those who entertaining nights ended with the strains of La Marseillaise and God save the King.”

          Let’s not forget that the British contributed largely in making football popular, and we got very fond of it during the Great War thanks to them. L’Industriel de Louviers on the 10th of August 1918:

          “Pont-de-l’Arche. – Sport Day. On Monday, the Royal Flying Corps officers organized the annual Sports Day. There were games of all kinds and the day was a success in spite of the rain which kept falling except at rare intervals. At night, the concert in the cinema-house was very much appreciated, and ended with the British national anthem.”

          Beyond the sporting relationship, the presence of British troops allowed them to forge links to the locals. L’Elbeuvien on the 7th February 1917 wrote this article:

          “The meadows, after being flooded by the rising of the Seine lately, are now frozen and many people have taken to skating on them. One soldier of the RFC was recently the victim of an accident. After an unfortunate fall, ha was picked up in such a state that he had to be taken to a hospital in Rouen straight away.”

          The article on the 1st June 1918 tells of a tragic but nevertheless beautiful moment:

          “In our issue of May 11th, we wrote that a young lady from Pont-de-l’Arche had fallen into a deep well. Her desperate father immediately called out for help to a few British soldiers who were having a walk nearly, and they, without hesitation, tried to find ways to rescue her. Considering that old derelict well was badly in need of repair, the rescue was operated in very difficult, dangerous conditions. A special mention to soldier P. Carnwall’s courage, for he offered to go down the well, with rudimentary emergency tools and, without caring for his life, after a rather long stay  the bottom of the well in icy-cold water, after a few attempts, finally managed to bring back the drowned girl’s body. He could be brought out then, with much difficulty. He risked being crushed by the ramshackle curbstone of the well, and drowned if the rope broke, which in fact  did at one time. Indeed, this brave man would deserve an honorary medal from the British military authorities.”

          Other articles, still are very instructive, such as the one on the 12th of September 1917, witch tells us that “the people in Pont-de-l’Arche and the surrounding villages, who had no doctor, were looked after by an English Major, who devoted himself to his patients any time and often for nothing. That Major is the holder of several decorations he won in his long military career.” One can’t help admiring the mutual aid between the British soldiers and the locals whose doctors had been called.

          So, without idealizing what the relationships were at that time, we can assert that the links uniting the Normans and the British were indeed rich in their diversity. It seems that the Tommies were very helpful to our ancestors – many of our men being on the battle front – and they gave them a noticeable welcome, all the more so as their presence was a source of additional profit. Then, if the English camp was never strategically important, nevertheless it developed links such as a few Englishmen staying at Pont-de-l’Arche and Les Damps, after the camp closed. So there were new inhabitants, with unusual trades and names which didn’t sound French (or did they?): Delauney William, Warren Sidney, Turvey Alfred, camp-supervisors…

 Extract from La Fouine n° 8 (English translation):

 La Fouine n° 8:

                  An English history of Pont-de-’Arche

  (Normandy)

 from 1066 to our days!

 The Common Points One Can Find When Comparing the English Language to the Norman Language ( p. 3);

   When English historians set out in quest of the first castle erected in Les Damps (9th century) ( p. 11);

 Richard the Lion heart and Pont-de-l’Arche (p. 13);

 William of Pont-de-l’Arche : a courtier in Henry 1st Beauclert and Stephen of Blois’ courts ((p. 14);

 Pont-de-l’Arche and the hundred Years War: 31 years of English occupation ( p. 15);

 The British camp during the First World War: the Royal Flying Corps in Les Damps and Pont-de-l’Arche (p. 21);

 William Turner (1775-1851) and Dawson Turner (1775-1858) in Pont-de-l’Arche (p. 24).

 Available (3 € the number) : launayarmand@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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Mardi 18 octobre 2005

Le cœur historique des Damps

 

 J’aurais aimé faire un historique précis de mon village mais, je n’en ai ni la place... ni l’envie ; mieux vaut se balader sur les rives de l’Eure, dans les ruelles anciennes... et y lire soi-même les traces de l'histoire. Mon texte n’est qu’une invitation à la visite du village des Damps (Eure, 1200 habitants entre Val-de-Reuil et Elbeuf), village qui n’a de sens que pour les personnes qui le connaissent et donc qui le parcourent... Toutefois, si un touriste, de passage, veut y passer un paisible instant, à pique-niquer sur les berges… 

 Eh oui, après une visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche, rien ne vaut la douceur des berges de l’Eure pour flâner au gré de la nature et de la découverte historique. Or, quelques centaines de mètres plus loin, se trouve le village – méconnu – des Damps, sur lequel s’est bâti Pont-de-l’Arche, il y a mille ans, et à côté duquel s’est construite l’usine m-real qui, je le concède, nuit au paysage et aux bronches des habitants de la région. Le tourisme ne peut pas me faire mentir. 

 Mais visitons...  

 La partie ancienne du village des Damps, le cœur historique, est l’occasion de réunir le plaisir de la balade et l’étude du patrimoine. Allez, suivez-moi… 

 Deux ou trois pieds de vigne, dans la rue Coucou, prolongent la tradition de cette culture qui a occupé les coteaux de Seine (à Igoville, Alizay) pendant de longs siècles. Cette culture existe encore aujourd’hui mais à Gaillon, Louviers, Rouen... 

 Les petites maisons dampsoises, blotties les unes contre les autres, trahissent la vie difficile de nos ancêtres, réunis par la solidarité, dans un cercle restreint, de la naissance à la mort. Toutes les bâtisses de nos vieilles ruelles laissent parler l’ingéniosité des hommes du XVIIIe siècle, essentiellement, mais aussi du XVIIe siècle, pour la plus vieille d’entre elles ; la maison de la " Dame Blanche ", ou Blanche de France, la femme de Saint-Louis, qui posséda des terres ici même et à Léry. 

 Les hommes d’antan surent utiliser les ressources locales pour se protéger de la rudesse des éléments. Ainsi, le promeneur attentif remarque les toits composés de tuiles " du pays ", qui sont les " tuiles plates " du spécialiste. Ces petites tuiles, toutes serrées et régulières, sont nées de la cuisson de l’argile rouge des sous-sols, déjà exploités aux Damps depuis l’époque gallo-romaine. On les retrouve, d’ailleurs, à Alizay (La Briqueterie), à Martot (Le Quai aux Tuiles) et La Vallée de Tostes. 

 Les murs de nos maisons sont bâtis de silex et de craie, comme l’église romane de Montaure. Savamment assemblés, ces blocs calcaires sont tout droit issus des grottes dampsoises depuis – au moins – la Gaule romaine. Il n’y a qu’à en juger par le relief – torturé – des coteaux de l’Eure et de la Seine. Imaginez-les, ces grottes ; on les devine déjà quand on marche le long de la rue des Carrières, la bien nommée, où demeure une ancienne charrette sur le bord du chemin. Imaginez-les, elles courent des berges de l’Eure – sous la roche – jusqu’à la forêt, sur le plateau… ce sont de véritables galeries minières qui restent inconnues, sous les routes que l’on emprunte pourtant tous les jours. 

 Comment a-t-on cimenté ces pierres pour quelles aient tenu bon debout jusqu’à nos jours, où elles témoignent du talent de leurs constructeurs ? La réponse est simple et nous est, encore une fois, soufflée par le nom d’une rue, pour peu qu’on lui prête l’oreille ; la rue des Plâtriers. Les plâtriers, les ancêtres des maçons comme M. Papeil, qui réside ici même, tiraient la craie des proches carrières et la travaillaient dans des fours à chaux, aujourd’hui abandonnés. 

 Quant aux colombages, qui apparaissent çà et là, ils dessinent un petit bout de Normandie avec d’anciens fûts de la forêt de Bord, massif forestier qui compose une grande partie du territoire communal. 

 Venez aux Damps, voir comme le paysage exprime la beauté – simple car naturelle – des bords de l’Eure et de l’orée de la forêt de Bord. Ce sont ces éléments qui expriment aujourd’hui encore ce que fut, ici, l’histoire des hommes … Notre village est né de la pêche et du transport sur l’Eure et la Seine, ces deux déesses qui unissaient leurs eaux en face des Damps, jusqu’en 1934. En effet, à cette date, le fleuve acheva d’être transformé en voie commerciale. L’Eure, grâce à laquelle les députés révolutionnaires baptisèrent le département, en 1790, ne se jeta plus aux Damps mais, dix kilomètres plus en aval, à Martot. Alors, le modeste port des Damps disparut, lui qui chargeait sur les navires – puis les péniches – le bois de la forêt de Bord. Ce bois était amené par les rues des Plâtriers et du Val. Quant aux autres petites ruelles perpendiculaires à l’Eure, comme à Criquebeuf, elles sont nées du besoin de relier toutes les maisons des mariniers, des pêcheurs, des éleveurs–cultivateurs à cette eau vitale, qu’ils partageaient avec les femmes, elles qui y rinçaient le linge de la famille... avant l'arrivée de l’eau courante et des idées progressistes ! 

 Allez, car il faut que je vous laisse, j’ai beau aimer les mots ainsi que notre patrimoine, je pense que ma plume ne remplacera jamais votre visite dans notre cœur historique des Damps. Une visite dans notre belle région de Pont-de-l’Arche mérite une pause, un petit pique-nique, pourquoi pas, auprès du patrimoine mi rural mi naturel du village des Damps. 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
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