Vendredi 1 août 2008
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« Au Grand Saint-Eloi » est le nom d’une enseigne bien connue à Pont-de-l’Arche. Néanmoins son histoire recèle quelques surprises qui, elles, sont bien
moins connues de nos jours.
Les locaux de cet actuel restaurant de qualité, bâtis en briquette rouge, semblent dater de la fin
du XIXe siècle. Il est très probable qu’ils aient remplacé un édifice bien plus ancien dont il peut rester des éléments dans le sous-sol. L’une des particularités de cet édifice, sa
surélévation par rapport à la place Aristide-Briand, a été notée dans le langage populaire où l’on nomme le Grand Saint-Éloi « les marches » ou bien encore « les deux
marches ». Une marche désignait alors un escalier dans son entier.
La première destination commerciale que nous connaissons à ces lieux est le café d’Achille Niaux.
Celui-ci proposait aussi des chambres aux gens de passage. En tant qu’hôtelier il n’y a aucun doute sur le fait qu’il cuisinait déjà un peu. Nous notons que l’établissement était alors appelé
« Au Grand Saint-Éloi » alors que de nos jours nous préférons l’appeler « Le Grand Saint-Éloi ».
Ce n’est qu’entre 1910 et 1920, avec un changement de propriétaire, que le Grand Saint-Éloi connut
de profonds changements qui lui ont donné l’aspect que nous lui connaissons de nos jours.
La petite boutique « L’omnium électrique de Rouen » qui se trouvait dans la partie
gauche du bâtiment quand nous sommes face à lui, cette boutique fut rattachée au Grand Saint-Éloi. Cet établissement, repris par M. Fouray, se tourna alors principalement vers la bonne cuisine
tout en poursuivant ses services de bar et d’hôtellerie comme l’indiquait son nom : « Hostellerie du Grand Saint-Eloi ».
La façade fut alors ravalée avec un enduit sur lequel fut peint un trompe-l’œil reprenant quelques
caractéristiques de l’architecture à pan de bois. L’écriture de l’enseigne, gothique, achève de démontrer que le nouveau propriétaire voulait mettre en avant le prestige de son établissement en
jouant sur la tradition normande et en se revendiquant de l’authenticité.
Pendant la Seconde Guerre mondiale l’on sait que le tenancier, M. Fouache, faisait partie du
réseau local de Résistance sous le commandement de M. Tardy. Ils cachèrent et aidèrent à s’évader des pilotes alliés, des évadés, des réfractaires au Service du travail
obligatoire.
Ce n’est donc pas tout à fait étonnant si le général de Gaulle gravit les marches de ce restaurant
le 8 octobre 1944 lors de son passage éclair à Pont-de-l’Arche. Pas étonnant non plus que le PCF établit son quartier général au Grand Saint-Éloi vu son implication dans la
Résistance.
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