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Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

 

L'auteur

  

Né à Pont-de-l'Arche en 1980 j'ai étudié l'histoire à l'université du Havre avant de devenir agent des bibliothèques.

J'ai utilisé depuis mes connaissances en mettant en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche et des Damps :

- visites guidées gratuties ;

- publication d'un magazine (La Fouine, 20 n°) ;

- un livre : L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, éditions Charles Corlet, 2007.

Accessible sur Gallica2 ;

- un livre sur Pont-de-l'Arche par la carte postale ancienne édité chez Alan-Sutton en 2008.


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Bienvenue sur ce blog consacré au patrimoine de Pont-de-l'Arche et sa région, dans l'Eure (cliquez ICI pour localiser). 

N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

Lundi 28 août 2006

Eustache Hyacinthe Langlois (né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777 – décédé à Rouen en 1837) fut un artiste et écrivain qui mit son art au service de la mise en valeur du patrimoine médiéval normand.

 

 Gouache de Delacluze,

 

Musée des Beaux-arts de Rouen.

 

 

 

 Jeunesse à Pont-de-l’Arche.

 

  Eustache-Hyacinthe Langlois naquit à Pont-de-l’Arche où son père, officier royal, exerçait la profession de garde marteau des Eaux et forêts du bailliage de la ville. Porté vers le dessin, E.-H. Langlois réalisa à Pont-de-l’Arche ses premiers croquis de personnages et de sites pittoresques. On aime à penser que le patrimoine médiéval de la cité n’est pas étranger à l’éclosion du goût des antiquités dans l’âme de l’artiste. Né en 1777, la Révolution française rendit caduques les ambitions professionnelles que le père de E.-H. Langlois avait pour son fils. C’est pourquoi, notre homme put assouvir sa passion pour l’art…

 

 L’artiste

 Ayant suivi sa propension E.-H. Langlois devint l’élève de M. Rau de Saint-Martin, en 1793, puis de David d’Angers, à Paris. Après cela, il s’exerça à la gravure sur bois. Son style, précis et rigoureux, convenait parfaitement à des travaux documentaires. C’est ainsi qu’il réalisa plus de 1000 gravures, dessins et croquis sur des bâtiments d’intérêt historique, des sculptures, des vitraux, du mobilier… et ce principalement sur la Normandie médiévale. Donnant lui même des leçons, il devint professeur à l’école des Beaux-arts de Rouen.  
 

 

 « Antiquaire et archéologue »

 

 On a pu dire sans abus que E.-H. Langlois était un antiquaire et archéologue. On entendait alors par « archéologue » toute personne à la fois éprise d’études de l’histoire par les textes mais aussi par le mobilier dont nous héritons. L’archéologue était celui qui s’intéressait, de plus, à un passé bien plus lointain ; qui exhumait l’histoire grâce aux ruines. L’archéologie ne signifiait pas encore la science très rigoureuse que nous connaissons de nos jours.

 

 La précision de ses dessins lui ont permis de peaufiner des études locales mais aussi de réaliser des travaux plus généraux et notamment les vitraux. L’architecture gothique aussi a passionné notre homme qui passe pour être l’inventeur de l’expression « gothique flamboyant » qui désigne le stade ultime du gothique où les sculptures sont les plus riches qui prennent, parfois, les courbes ondulées de flammes.

 

Hyacinthe Langlois devint, grâce à sa connaissance du patrimoine et la conscience de sa fragilité, l’instigateur de création du musée des Antiquités de Rouen. Il en fut le premier directeur. Il participa à l’entretien de la cathédrale de Rouen, qui menaçait de s’écrouler.     

 

L’homme de foi

 

 D’après le témoignage de ses contemporains, mais aussi en lisant les nouvelles qu’il a rédigées, on peut mesurer combien E.-H. Langlois fut fidèle à ses convictions catholiques : pauvreté, humilité, défense des valeurs religieuses… Cette foi colla d’ailleurs très bien à la vie du personnage qui demeura pauvre tout sa vie ; l’argent n’avait pas grande importance pour lui, contrairement à ce que pensait sa femme, qui l’appauvrit ainsi que leurs enfants.

 

 La foi catholique de H. Langlois ne l’empêcha pas de fréquenter des républicains avancés tels que David d’Angers et Jacques Dupont de l’Eure. Il semble que notre homme jugeait plus les gens sur leurs actes que sur leurs dires. Sa société érudite et cordiale plaisait à beaucoup de monde.  

 

 

L’écrivain « préromantique »

 

 Si la Révolution française a donné à E.-H. Langlois la liberté de pratiquer son art au point d’en faire sa profession, elle a jeté dans son âme un trouble certain. Comme beaucoup de romantiques, notre homme conserva le pieux souvenir de sa jeunesse où ses joies d’enfant étaient bercées sous le soleil du Monarque de droit divin... Cette idéalisation est accompagnée du rejet de l’anticléricalisme qu’ont pu connaître certains moments de la Révolution.

 

Sensible, touché par un certain mal être, il formula ses émotions par les thèmes médiévaux les plus romantiques, même dans ses aspects les plus noirs tels que la danse macabre, sculpture de l’ancien cimetière de l’aître Saint-Maclou, le grotesque des « miséricordes », ou le tombeau des Énervés de Jumièges. Ainsi ses écrits sont, le plus souvent, nostalgiques, tournés vers la mort et campent un paysage médiéval très propice à l’expression du désarroi si caractéristique du mouvement romantique qui va éclore vers la fin de la vie de Hyacinthe Langlois.

 
 

Postérité

 

 
H. Langlois sensibilisa de nombreux artistes et chercheurs à l’étude du Moyen Âge alors que l’Antiquité faisait – presque – l’unanimité. De ce fait, il contribua à la préservation des vestiges de l’époque médiévale, qui passaient alors pour des ruines bonnes à être rasées ou à laisser crouler. Son influence continue d’ailleurs à faire ses effets grâce aux illustrations qui servent encore de référence à certaines recherches. 

 Il aurait servi de modèle à David pour le Romulus de « L’Enlèvement des Sabines ».

 

Deux de ses enfants vécurent un peu de l’art enseigné par leur père : Polyclès et Espérance Langlois. Ils travaillèrent à ma manufacture de Sèvres, mais n’eurent pas le talent de leur père.


 Il donna naissance à l’expression de « gothique flamboyant ».

 

 Une tombe monumentale se trouve encore au cimetière monumental de Rouen. Elle porte un médaillon, de David d’Angers, offert en 1838 à la ville de Rouen, par le comité de souscription au monument Langlois. Il porte cette inscription : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. »

 

 Une copie de ce médaillon fut apposé sur sa maison de naissance à Pont-de-l’Arche (boulangerie du bas, rue Alphonse-Samain).

 

Un buste en bronze fut placé à Pont-de-l’Arche sur la place Hyacinthe-Langlois de 1868 à 1942.

 

Il donna l’envie à Léon Levaillant de Duranville d’étudier l’histoire de la ville dont Hyacinthe Langlois est resté fier durant toute sa vie.

 

C’est ainsi que commença l’étude de l’histoire de Pont-de-l’Arche.  Une rue porte son nom ainsi qu’arrêt de bus à Bihorel.


 

 

Bibliographie sommaire

 

 - Recueil de quelques vues de sites et monuments de France, spécialement de Normandie (1817) ;
 

 - Mémoire sur la peinture sur verre et sur quelques vitraux remarquables des églises de Rouen (1823) ;
 

 - Notice sur le tombeau des Énervés de Jumièges (1825) ;
 

 - Essai historique et descriptif sur l’abbaye de Fontenelle et de Saint-Wandrille… (1827) ;
 

 - Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts (posthume, 1851) ;
 

 - Stalles de la cathédrale de Rouen, (posthume, 1838) ;
 

 - La Croix-Sablier (1835) ;
 

 - Hymne à la cloche (1832) ;
 

 - Le Curé des bruyères d’Oisy ou L’Abbé fou (1835).
 

 
- etc. 

Par Armand LAUNAY - Publié dans : Pont-de-l'Arche
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