Texte libre

Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

L'auteur

  

Armand Launay (né à Pont-de-l'Arche en 1980)  

C'est pendant mes études d'histoire à l'université du Havre que j'ai eu l'envie de me plonger dans le passé des Damps et de Pont-de-l'Arche.  

De concert avec le Conseil municipal des Damps, j'ai travaillé à partir de 2002 à la réalisation du livre L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche. Il a été édité par les éditions normandes Charles Corlet en 2007.  gallica2.bnf.fr/Search

En attendant la publication de ce livre, j'ai décidé de lancer un magazine publiant les articles qui dépassent l'histoire des Damps : La Fouine magazine, version papier et publication sur le Net. 

Ce n'est pas tout, j'anime des visites guidées et des conférences sur Les Damps, Pont-de-l'Arche et Alizay...  Avis aux amateurs !

Je travaille désormais sur un livre d'histoire de Pont-de-l'Arche par la carte postale qui sera édité chez Alan-Sutton à la fin de l'année.

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Soyez la/le bienvenu(e) sur ce blog consacré au patrimoine de Pont-de-l'Arche et sa région, dans l'Eure (cliquez ICI pour localiser sur une carte :).  

N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

Mardi 5 février 2008
 

L’histoire des Damps est tributaire de la forêt à plus d’un titre.

Si notre village jouxte encore la forêt, c’est parce que celle-ci fut une propriété des rois dès l’époque carolingienne. Il était donc hors de question que les sujets du roi détruisent la propriété du suzerain. L’utilisation du bois était donc très réglementée et nos ancêtres n’ont pas pu défricher la forêt pour étendre l’agriculture.

L’élevage en revanche a été possible. On emmenéait les porcs pour la glandée en forêt et l’on laissait les vaches y paître dans les zones herbeuses.

Cette pratique ne s’est pas arrêtée à la Révolution, la forêt étant devenue propriété de l’Etat. Aujourd’hui les promeneurs sont libres de se promener en forêt car celle-ci est une propriété publique pour le plus grand bonheur de tous.  

Les arbres ont été essentiels à la construction des maisons à pans de bois, si caractéristiques de notre Normandie, qui donnent au cœur historique de notre village un cachet proprement régional.

Des maisons à pans de bois ont été retrouvées lors des chantiers de fouille archéologique de Poses-Tournedos. Elles datent du néolithique et servaient de maison commune aux groupes humains. Les Damps connaissait, déjà à cette époque, au moins un foyer de peuplement, aux Vauges. Les hommes installés ici utilisaient, à n’en pas douter ce type de construction avec les éléments que la nature mettait à sa disposition. Ainsi les pans de bois de la commune sont l’indicatif et la survivance d’une technique ancestrale.

Moment fort de l’histoire locale, l’utilisation du bois a permis la construction du premier pont de Pont-de-l’Arche, de 862 à 869. Construit sur le territoire des Damps afin d’empêcher les Vikings de remonter la Seine jusqu’à Paris, ce premier pont bâti en bois a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche. 

Le bois a aussi été exporté depuis Les Damps. En effet notre village, idéalement situé au pied d’un vallon qui decend de la forêt, permettait de relier à la fois la Seine, l’Eure et les ressources forestières. C’est pourquoi Les Damps fournissait en bois « le Clos aux Galées », chantiers navals de Rouen, durant l’Ancien Régime.

Parlant de navigation navale il faut rappeler que des habitants de notre village construisaient eux-mêmes leurs embarcations et ce jusqu’au tout début du XXe siècle. La connaissance et l’exploitation des bois étaient donc primordiales.

Enfin le port des Damps chargeait encore du bois de pin dans les années trente afin de fournir, par le biais des canaux de l’Oise, les exploitations minières du Nord. Le bois de pin, craquant fort, permettait aux mineurs de connaître les mouvements des sols qu’ils exploitaient et donc de les avertir des dangers éventuels.

Mardi 30 octobre 2007

Le groupe scolaire fut inauguré en 1955 par Pierre Mendès France (conseiller général de Pont-de-l’Arche de 1937 à 1940 et de 1945 à 1958). Il s’agissait alors de doter la commune de bâtiments scolaires répondant à l’explosion démographique. De 285 habitants en 1921 la commune comptait 578 citoyens en 1954. Les salles de classe situées dans la mairie depuis 1879 étaient devenues bien trop exiguës. L’architecture du groupe scolaire est très fonctionnelle, très rectiligne et dotée de beaucoup de fenêtres. Son décor est très dépouillé. Son matériau, le béton, s’inscrit dans les réalisations d’après-guerre.   

 

 

 

 

La mairie des Damps fut inaugurée en 1879. Le calcaire, la briquette rouge et les ardoises du toit marquent bien la fin du XIXe siècle. Le petit frontispice (triangle) qui se trouve en dessous du toit montre que ce bâtiment avait pour destination de servir de mairie. C’est un rappel des temples classiques qui renvoient dans notre culture à la civilisation gréco-romaine, berceau de l’idée républicaine. La mairie accueillit aussi les écoles jusque dans les années cinquante, le parking actuel recouvrant l’ancienne cour de récréation.

 

 

 

La maison de la Dame Blanche est la plus ancienne construction des Damps. Sa cave présente des ogives voûtées du XIIIe siècle d’une grande sobriété. Certaines parties basses de la maison dateraient du XIVe siècle alors que l’escalier en vis, hors d’œuvre (face sud), caractérise le XVe siècle. Les décorations des poteaux de la façade sont de style gothique et donc de la période médiévale ce qui, en architecture, peut aller jusqu’à la fin du premier tiers du XVIe siècle. Le nom de Dame Blanche vient, par erreur, de Blanche de Castille. En fait seule Blanche de France, femme de Saint-Louis, eut un lien avec Les Damps en tant que propriétaire de terrains.

 

 

 

Le pont sur l’Eure fut construit en 1935 dans le cadre des grands travaux de la Seine lancés par Edouard Daladier en 1932 et qui durèrent jusqu’en 1939. Ces travaux firent de la Seine un canal pour la navigation commerciale entre Paris et La Manche. Des digues furent construites afin de stabiliser les berges du fleuve. Le lit de la Seine fut approfondi afin d’accroître le tirant d’eau des remorqueurs et de limiter les inondations. Il résulta de ces travaux que le niveau de l’Eure, qui se jetait dans la Seine en face des Damps, était trop élevé. Alors, pour éviter que les eaux de l’Eure ne se déversent dans la Seine, desséchant ainsi le lit de la rivière, on boucha le confluent des Damps. L’on fit passer l’Eure dans un ancien bras de Seine qui va jusqu’à Martot.

 

 

 

La chapelle Saint-Pierre des Damps fut construite en 1856 à l’emplacement de l’ancienne église paroissiale. La paroisse des Damps tomba en désuétude avant la Révolution française et son église fut démolie par la paroisse de Pont-de-l’Arche. En 1856 la chapelle fut érigée sur les deniers des fidèles et donc avec les matériaux les moins chers : des moellons calcaires locaux en remplissage ainsi que la brique rouge en chaînage. L’ardoise fut choisie pour sa légèreté afin de recouvrir une charpente – et un bâtiment –  aux capacités de résistance limitées. Un presbytère fut adjoint à la chapelle qui est composé que de brique rouge. La cloche de la chapelle, logée dans un clocher carré aux dimensions minimalistes, fut offerte en 1854, marquant ainsi le début des donations.

 

 

Les Dardanelles est le nom d’une rue qui doit assurément son origine à la présence de troupes britanniques durant la Première Guerre mondiale. Les Dardanelles est le nom d’un détroit de Turquie où les armées française et anglaise subirent de lourdes pertes. Quant aux Damps, l’aviation anglaise occupa toute une partie des terres communales jusqu’à Pont-de-l’Arche afin de bâtir des baraquements aux troupes. Celles-ci réparaient des moteurs d’avions. L’on trouve encore çà et là des plaques de béton qui témoignent de l’existence du « Camp aux Anglais », nom de cet espace. Ce sont ces troupes qui finirent de bâtir la grande usine des « fils de Georges Prieur », l’une des plus grandes entreprises de chaussures de la région jusqu’en 1954.

 

 

 

Octave Mirbeau (1848-1917), journaliste, essayiste, romancier et critique d’art, habita la commune des Damps de 1889 à 1893. Anarchiste, Octave Mirbeau prit la défense des ouvriers du chausson de la région de Pont-de-l’Arche. Frappés par des épidémies qui les acculaient au chômage les ouvriers ne pouvaient ni soigner ni nourrir correctement leurs enfants. Plusieurs moururent. L’écrivain appuya le maire de Pont-de-l’Arche, Jules Lequeux, afin d’obtenir du gouvernement une aide extraordinaire pour les ouvriers. Sans réponse du gouvernement républicain opportuniste de Sadi-Carnot, Octave Mirbeau rédigea une nouvelle intitulée « Les Abandonnés » qui illustre le sort des plus humbles et l’irresponsabilité de l’État en matière de protection et de justice sociales. La salle polyvalente des Damps, construite en 1994, fut baptisée du nom de l’écrivain en 2003.

 

 

 

Les Vauges est le nom d’un quartier à l’architecture tout à fait originale pour Les Damps. Les « maisons à toits plats » ont été dessinées par l’architecte et urbaniste suisse Le Corbusier qui avait réfléchi aux problèmes du relogement d’après-guerre. Devant l’impératif de reloger de nombreuses personnes dans de bonnes conditions, l’architecte a voulu optimiser l’occupation du sol. Ses réalisations permettent de bâtir beaucoup d’unités d’habitation tout en préservant l’intimité des habitants dont les portes, les fenêtres, les entrées, les cours, ne donnent pas directement sur celles des voisins. De même, l’architecte a soigné le bien-être des habitants par des espaces intérieurs très fonctionnels, des coursives évitant la pénétration des rayons solaires, par exemple. Ces attentions ont séduit les organismes publics d’HLM lorsqu’ils ont lancé la construction de la résidence Les Vauges dans le début des années soixante-dix. Une fresque de Jacques Deshayes apportait une autre touche culturelle mais elle a été effacée depuis lors.

 

 

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
Mercredi 12 septembre 2007

Octave Mirbeau (1848-1917), journaliste, essayiste, romancier et critique d’art, habita la commune des Damps de 1889 à 1893. Anarchiste, il ne  se contenta pas de trouver aux Damps un repos dans un cadre qui sut le charmer. Octave Mirbeau prit la défense des ouvriers du chausson de la région. Ceux-ci furent frappés par des épidémies (rougeole, grippe espagnole) ce qui les mit dans l’impossibilité de travailler et donc de subvenir aux besoins les plus élémentaires des adultes comme des enfants. Les décès achevèrent de convaincre Octave Mirbeau d’appuyer le maire de Pont-de-l’Arche, Jules Lequeux, qui demandait au gouvernement une aide extraordinaire pour les ouvriers : les maigres ressources  de la commune ne pouvaient rien après de très longs mois de maladie. Suite au mutisme du gouvernement républicain opportuniste de Sadi-Carnot, Octave Mirbeau rédigea une nouvelle intitulée « Les Abandonnés » qui illustre le sort des plus humbles et l’irresponsabilité de l’État en matière de protection et de justice sociales. La vie de l’écrivain aux Damps, illustra et inspira son anarchisme. La salle polyvalente, bâtie en 1994, fut baptisée du nom de l'écrivain en 2003.

 

 

par Armand LAUNAY publié dans : Les Damps
 
 
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