Texte libre

Voici le drapeau officiel de la Normandie. Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Se voulant scandinave, il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Quel meilleur emblème en somme pour cette grève normande sur les côtes de France ? 

L'auteur

  

Armand Launay (né à Pont-de-l'Arche en 1980)  

C'est pendant mes études d'histoire à l'université du Havre que j'ai eu l'envie de me plonger dans le passé des Damps et de Pont-de-l'Arche.  

De concert avec le Conseil municipal des Damps, j'ai travaillé à partir de 2002 à la réalisation du livre L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche. Il a été édité par les éditions normandes Charles Corlet en 2007.  gallica2.bnf.fr/Search

En attendant la publication de ce livre, j'ai décidé de lancer un magazine publiant les articles qui dépassent l'histoire des Damps : La Fouine magazine, version papier et publication sur le Net. 

Ce n'est pas tout, j'anime des visites guidées et des conférences sur Les Damps, Pont-de-l'Arche et Alizay...  Avis aux amateurs !

Je travaille désormais sur un livre d'histoire de Pont-de-l'Arche par la carte postale qui sera édité chez Alan-Sutton à la fin de l'année.

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N'hésitez pas à me questionner sur certains aspects de l'histoire qui vous touchent particulièrement ou encore à partager avec les lecteurs de ce blog votre vision ou vos travaux sur l'histoire locale.

Si vous utilisez mes travaux n'oubliez pas de citer vos sources. Un petit message de votre part est le bienvenu ! Bonne lecture ! 

armand1@no-log.org

 

Mardi 5 février 2008
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Mercredi 28 mars 2007

[Caresme, Anatole], " Le prieuré de Montaure ", 7 p., in Mélanges historiques, ch. XII, Louviers : imprimerie de Mlle HOUSSARD et frère, [document conservé à la] médiathèque de Louviers [sous la cote] inv 9/454.

 

 

 

Le voyageur que nos omnibus de Louviers emportent rapidement vers Elbeuf, aperçoit bientôt, au sortir de la forêt, la belle tour romane qui sert de clocher à l’église de Montaure. C’est un monument de forme carrée, d’une élévation médiocre, dont la construction remonte aux Anglo-Normands. Debout, depuis sept ou huit siècles, au milieu de celle vaste plaine, l’église jadis priorale de Montaure, doit son existence à un grand malheur domestique, à la juste douleur d’un père, frappé dans ses plus chères affections. Voici ce que nous avons recueilli sur l’origine et l’histoire du prieuré de Montaure.

 

 

Dans les premières années du XIe siècle, vivait Odon Stigaud IIe du nom, homme noble, riche et puissant, seigneur de Mésidon, des Authieux en Auge et de plusieurs autres terres. Il avait aussi un manoir à Montaurium, nommé depuis Montoire et ensuite Montaure, du latin Mons Aureus, montagne d’or, à cause, sans doute, de sa position sur une éminence et de la fertilité du sol.

 

 

Pieux et libéral envers les serviteurs de Dieu, le seigneur de Mésidon donna l’église de son domaine de Montaure à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, où il avait choisi sa sépulture, et Richard II ratifia cette donation en 1018.

 

 

À ce père si religieux succéda un fils digne de lui, Odon Stigaud IIe du nom. D’anciens titres nous disent que ce nouveau seigneur de Montaure fut chambellan des Empereurs Isaac Commène et Constantin Ducas. Il est constant du moins qu’il était maître d’hôtel du jeune duc Guillaume, surnommé depuis le Conquérant. Il eut deux fils, Maurice et Robert. Ce dernier voyagea en Orient et revint en Normandie avec des reliques de l’illustre sainte Barbe. Pour honorer un si précieux .trésor, le père de Robert fonda dans sa terre d’Écajeul une collégiale connue sous le nom de Sainte.Barbe-en-Auge. Le pieux et célèbre Guillaume d’Évreux y introduisit plus tard des chanoines réguliers et en fut lui-même le premier prieur.

 

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Il paraît qu’Odon Stigaud perdit ses deux fils de son vivant, et qu’il ne lui restait qu’une fille, mariée à Rabel, baron de Tancarville. Dans la charte de fondation de Montaure, il nous apprend lui-même : " que se voyant privé de son fils unique, jeune gentilhomme de grande espérance, mort en la fleur de ses ans, il l’avait fait mettre dans la sépulture de son père et de sa mère ; que pour faire prier Dieu pour le repos de leurs âmes, il avait voulu faire l’Église son héritière en lui donnant ses biens. " Au nombre des biens, y mentionnés, se trouve, avec l’église Saint-Étienne-des-Tonneliers, à Rouen, le domaine de Montaure. Les religieux de Saint-Ouen établirent un prieuré à côté de l’église paroissiale, qui déjà leur appartenait. Celte fondation est de l’an 1063. Odon Stigaut survécut peu à cet acte religieux, il succomba sous le poids de sa douleur le 17 novembre 1065. La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près. Celle-ci est entièrement bâtie dans le style roman du XIe ou XIIe siècle.

 

 

À partir de cette époque, l’histoire de Montaure et de son prieuré est inconnue. Il nous faudrait les archives de l’abbaye de Saint-Ouen pour savoir ce que devint la fondation du sénéchal de Guillaume le Conquérant. Nous avons pourtant recueilli un certain nombre de faits concernant cette localité qui, pour être plus rares, n’en auront que plus d’intérêt. En l’année 1250, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, faisait, en sa qualité de métropolitain, la visite du diocèse d’Évreux. Son curieux. Journal va nous fournir d’intéressants détails sur la situation du prieuré dans le XIIIe siècle.

 

 

Le 15 mai, le prélat, venant de Daubeuf-la-Campagne, arrive à Montaure, où il est reçu avec sa suite aux dépens du prieuré. " Nous avons, dit-il, fait notre visite ce même jour. Il y a là quatre moines ; mais ils ne sont ordinairement que trois. Tous sont prêtres. Ils se servent de matelas. Quelques-uns ont des peaux de renard. Nous leur avons défendu d’accepter à boire dans le village, même d’y aller, et l’usage des matelas. Ils n’observent pas les jeûnes, nous leur avons ordonné d’observer les jeûnes suivant la Règle. Ils ont 160 livres de revenu. Le prieur ne présente pas des comptes à ses confrères, mais seulement à l’abbé ; nous lui avons enjoint de compter avec ses confrères au moins trois fois l’an. L’aumône est médiocre ; nous avons prescrit de donner plus largement l’aumône aux pauvres. Item, de ne pas sortir la porte de la cour sans la permission du prieur [sic]. Item, que le prieur fournisse à ses inférieurs le vêtement et les chaussures, selon son pouvoir. "

 

 

Le lendemain 16 mai, le métropolitain quittait Montaure pour se rendre à l’abbaye de Bon-Port.

 

 

Cinq ans après, l’archevêque de Rouen entreprit de nouveau la visite du diocèse de son suffragant. Le 14 juin 1255, il passait la journée à Gouy près du Port-Saint-Ouen.

 

 

" Le 15 juin, dit le prélat, nous sommes entrés dans le diocèse d’Évreux et nous avons passé la nuit à Montoire. La somme de la dépense a été de VII livres VII sous III deniers. Le 16 juin nous avons fait notre visite en ce lieu. Ils sont deux moines seulement mais ils doivent être au moins trois. Le prêtre de la paroisse et les moines n’ont pour tous qu’un seul calice. Comme ils n’avaient point d’exemplaire de la Règle, nous leur avons dit de s’en procurer un. Les femmes mangent quelquefois avec eux ; nous leur avons fait défense de permettre doresnavant qu’elles mangent dans leur maison. Quelquefois ils font usage de viandes, nous leur avons ordonné de s’en abstenir, comme le veut la Règle, et de jeûner le vendredi suivant s’ils venaient à y contrevenir, selon ce qui est convenu dans les statuts. Ils ont, en revenus, 160 livres ; mais ils doivent maintenant 30 livres. Item, nous avons recommandé au prieur de compter quelquefois avec son confrère.

 

 

Le soir, Eude Rigaud passait la nuit à Daubeuf, où les moines de Saint-Ouen avaient également une succursale de leur maison.

 

 

La visite du diocèse d’Évreux, par le même prélat, recommence en 1258. Il arrive de nouveau par Daubeuf.

 

 

" Le 26 avril, raconte-t-il, nous avons été hébergés à Montoyre. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’in seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse. Leurs revenus sont de huit vingt livres [sic] et ils en ont acquitté les décimes. Les dettes s’élèvent à L livres environ ; mais on leur doit près de XXX livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu. Nous avons trouvé toutes choses en bon état. La somme de la procuration (frais de réception) a été de IX livres XI sous V deniers.

 

 

Le même jour, nous avons été logés à la Croix-Saint-Leufroy. "

 

 

Ce même Journal d’Eude Rigaud annonce une nouvelle apparition de l’archevêque à Montaure, le 7 juillet suivant. Cette fois il y arrive de Bonport, non pour y procéder à une visite rigoureuse, mais pour y célébrer un mariage.

 

 

" Nous avons, dit-il, marié Guillaume de Preméry, notre panetier, avec Jeanne sa femme, dans le prieuré de Montaure, diocèse d’Évreux, et nous avons passé la nuit à Pont-de-l’Arche. "

 

 

Le 13 mai 1269, l’infatigable pasteur de la métropole se trouvait de nouveau à Daubeuf.

 

 

" Dans la même journée, dit l’itinéraire déjà cité, nous avons visité le prieuré de Montoire. Nous y avons trouvé deux moines de Saint-Ouen : ils devraient être trois. Ils n’avaient qu’un calice unique pour la chapelle du manoir et l’église paroissiale ; nous avons commandé d’en avoir un pour la chapelle. Nous leur avons défendu de laisser désormais les femmes entrer dans leur maison, comme c’était arrivé autrefois. – Ils avaient en revenus 250 livres ; ils devaient 80 livres. Ils avaient des provisions pour l’année, outre le vin et l’avoine.

 

 

En ce jour, nous avons été logés et nourris en ce même lieu. La dépense de la réception a été de... "

 

 

Au sortir de Montaure, l’archevêque se rendit au prieuré de Bailleul, autre dépendance de l’abbaye de Saint-Ouen, près de Gaillon.

 

 

C’est tout ce que nous apprend sur Montaure le Registre des Visites Pastorales du célèbre archevêque de Rouen.

 

 

Un fragment des Chroniques de Saint-Ouen nous fournit le nom d’un prieur de Montaure. Lorsque le célèbre Jean Roussel, dit Marc d’Argent, à qui nous devons la moitié de la magnifique basilique de Saint-Ouen, mourut en son manoir du Bihorel, le mercredi 7 décembre 1339, il avait autour de lui les principaux dignitaires de sa congrégation. Parmi eux figure Guillaume Saoul, prieur de Montaure. Après la mort de l’illustre abbé, ce prieur aida ses confrères à rédiger les lettres-circulaires destinées à annoncer le décès de ce créateur d’un des plus beaux monuments religieux de la Normandie.

 

 

Dans le même siècle, un autre fait concernant le prieuré de Montaure a été découvert dans les registres de l’Échiquier, par l’auteur de l’Histoire du Parlement de Normandie. Nous copions son récit :

 

 

" En 1397, des écuyers et des bourgeois, firent amende honorable des voies de fait dont il s’étaient rendus coupables envers le prieur et les religieux de Montaure, les injuriant, les frappant avec des bâtons et des épées, brisant enfin les portes du prieuré en y faisant d’incroyables dégâts. C’était, avec cette maison religieuse, avoir insulté la royale abbaye de Saint-Ouen de Rouen, dont le prieuré de Montaure était l’une des succursales, et le roi lui-même, qui avait mis ces religieux en sa sauvegarde. Un jour donc, à Montaure, on vit revenir au prieuré, l’écuyer Ouyvel et ses complices, non plus arrogants cette fois, armés de toutes pièces, et prêts à tout briser, mais " nudz pieds, sans chaperon, sans ceinture, portans et tenans dans leurs mains chascun ung cierge de cire de deux livres pesans. " C’était un jour de fête Notre-Dame, la foire tenant à Montaure. L’affluence était donc grande, et ce jour, sans doute, n’avait pas été choisi sans dessein. Ils s’étaient directement rendus au prieuré. " Là, publiquement, en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent lesdiz exceds et malélices, lui requérant humblement que il leur pardonnast ; ce qu’il fit. Se relevant alors, on les fit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin au prieur 200 livres d’amende profitable. Peu de jours après, dans l’église abbatiale de Saint-Ouen de Rouen, eut lieu une scène semblable en  tous points où figuraient les mêmes acteurs. Seulement, l’amende profitable ne fut, cette fois, que de 100 livres tournois. Tout cela s’était fait ainsi  par ordre de l’Échiquier. "

 

 

De la fin du XIVe siècle nous arrivons sans incidents dignes d’intérêt aux troubles suscités en Normandie par la prétendue réforme. Montaure fut pris pendant lés guerres de religion par un sieur de La Personne, des mains duquel le retira Don Alexis Durand, l’un des titulaires qui administraient l’abbaye de Saint-Ouen, au profit des princes Charles et Louis de Bourbon, comte  de Soissons. En 1630, le prieuré tombait dans les mains du petit neveu d’un sieur Poitevin. Ce dernier n’est autre que Balthazar Poitevin, qui porta le titre d’abbé de Saint-Ouen depuis l’an 1620 jusqu’en 1638. à partir de ce temps il n’y eut plus de religieux au prieuré de Montaure.

 

 

Au moment où cette fondation pieuse s’éteignait à Montaure, une autre venait la remplacer. Le monastère des Carmes déchaussés du désert de la Garde-Châtel fut fondé par le roi Louis XIV, en 1666. Au nombre des bienfaiteurs de cette nouvelle maison, nous remarquons le conseiller d’État, de La Galissonnière, auteur d’une Recherche de la Noblesse de Normandie, et un autre conseiller d’État, le sieur de Marguerie, qui possédait à Louviers les fiefs de l’Épervier, de Folleville et de Maupertuis.

 

 

Montaure a vu naître, en 1710, François-Emmanuel Sevestre, poëte latin et français, mort curé de Radepont, en 1788.

 

 

Au milieu de ce même siècle, le domaine temporel de Montore, comme on écrivait alors, appartenait à la famille Le Cordier de Bigards, dont les aînés sont devenus marquis de La Londe et barons de Bourgtheroulde. – Ecrosville, hameau de Montaure, était un fief possédé par les mêmes seigneurs. Nous avons visité, il y a quelques années, les restes d’un vaste manoir féodal, situé sur le territoire de Montaure. Une cheminée nous a frappé par sa grandeur

 

et sa construction hardie. Ce pourrait bien être les ruines de l’ancien manoir de Blaquetuit, qui a donné son nom à la plaine voisine.

 

 

Enfin Montaure a eu pour curé dans ces derniers temps, un vicaire de Louviers, moissonné à la fleur de l’âge. Nous voulons parler du pieux et éloquent abbé Bouchard, dont la perte a causé de vifs regrets.

 

par Armand LAUNAY publié dans : Montaure
Mercredi 25 janvier 2006

Charpillon Louis-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 541-543.

 MONTAURE

 Paroisse des : Doy. de Louviers. – Baill. Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Dioc. Parl. et Gén. de Rouen.

 Montaure de Mons aureus, montagne d’or à cause de sa situation et de la fertilité du sol.

 L’église dédiée à Notre-Dame, fut octroyée au XIe siècle à l’abbaye de Saint-Ouen, par Odon Stigaud, maître d’hôtel de Guillaume, duc de Normandie, mais le patronage honoraire fut conservé par les seigneurs du fief de la paroisse.  

 

 

 

 

Nous trouvons mentionnés dans l’histoire de 1080 à 1258, les noms de Roger, Raoul,  Thomas, Renaud et Romain de Montaure.  

Jean Le Mire fut mis en prison en 1334, pendant 93 jours, pour avoir navré un homme en péril de mort à la foire de la Toussaint, à Montaure.  

En 1450, Loys de Fontaine, obtint de rentrer dans la seigneurie de Criquetot, il épousa vers cette époque, Jeanne de Jeucourt, dame d’Épreville à Incarville, le 14 novembre 1480, Louis de Fontaine, sieur de Criquetot et Montaure, consentit un contrat de fief à Jean Leclaire[1]. Marie de Fontaine, sa fille, épousa en 1490, Thibaut d’Amfreville, qui devint ainsi seigneur de Criquetot et de Montaure, dont il rendit aveu en 1497.  

Jean d’Amfreville, fils aîné de Thibaut ne laissa qu’une fille, Guillemette, mariée à Christophe de Serviac, avant 1527 ; ce seigneur vivait encore en 1537 ; il n’avait pas le titre de seigneur de Montaure mais seulement de Criquetot, Villettes et Ecquetot en partie ; il laissa 3 filles, Diane, Louise et Marie.  

Le 30 juillet 1612, le fief de Montaure, quart de haubert surnommé de Criquetot, parce qu’il avait appartenu au sieur de Criquetot, fut décrété sur les héritiers de Jean d’Amfreville, au profit de Pierre Vigor, conseiller du roi au Parlement de Normandie.  

Par arrêt du 16 mai 1616, Pierre Vigor fut envoyé en possession du fief de Criquetot à Montaure, au préjudice de Jacques d’Amfreville, qui prétendait le retirer à droit de sang.  

Vers cette même date, décharge de la taille fut accordée aux habitants de Montaure, dont un orage avait détruit les maisons.  

Le 31 décembre 1646, Messire Pierre Vigor, esc. seigneur de Montaure, étant en son manoir seigneurial de Montaure etc., achète de Pierre Le Bourg, laboureur à Montaure, un demi acre de terre en présence de Nicolas Papelard, curé de la paroisse.  

Vers 1650, St-Vincent-de-Paul présentait à la cure de Montaure. 

En 1651 à 1655, le sieur de Vigor, maître particulier des Eaux et Forêts, avait reçu pour son office, 2100  héritiers reçurent 2100 mesures de bûches ; ses héritiers reçurent 2100 l. pour pareille quantité de mesures de bûches.  

Vigor : d’argent, à aigle éployé de sable, au chef d’azur, chargé de trois étoiles d’argent.  

Les Familles Poirier d’Amfreville, Belot, Le Camus, et Le Cordier de Bigards, possédèrent ensuite la seigneurie de Montaure.  

M. Jean-Baptiste Le Cordier de Bigards, Président au Parlement de Normandie, obtint, en 1782, l’érection des seigneuries de Bourgthéroulde et de Montaure en marquisat de la Londe.  

Fief Écroville. Jean d’Écroville fut en 1205, témoin d’une charte pour Bonport.  

De 1551 jusqu’à la Révolution nous signalerons parmi les seigneurs d’Écroville, Loys de Bigards, François deBigards et Jean Baptiste François Le Cordier de Bigards. 

Établissements Religieux

Prieuré de Montaure [p. 542-543]  

Du temps de Richard II, duc de Normandie, Stigaud dit le Vieux, fonda le Prieuré de Montaure. En 1018, le duc Richard confirma la donation de son sénéchal, et donna lui-même une rente de : 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine. 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois[2]... Odon Stigaud, fils du précédent, maître d’hôtel du duc Guillaume, eut deux fils, Maurice et Robert, ce dernier voyagea en Orient, et revint en Normandie avec des reliques de Ste-Barbe. Maurice frère de Robert, pour recevoir et conserver dignement ce précieux trésor, détruisit le château de ses pères, dans sa terre d’Écajeul, pour y fonder une collégiale connue sous le nom de Ste-Barbe-en-Auge.  

Il eut deux fils, Maurice et Robert , qu’il perdit de son vivant. Après leur mort, il fonda, en 1063, à côté de l’église de Montaure, avec le concours de l'abbaye de St-Ouen, un prieuré  également dédié à Notre-Dame, auquel il donna tout ce qu’il possédait à Criquebeuf-sur-Seine avec l’eau, l’église St-Etienne-des-Tonneliers, à Rouen, 3 maisons dans la même ville, où demeuraient les potiers et enfin la terre de Turquetil de Limesy.

 Le duc Richard II, confirma cette donation et donna lui-même au prieuré, une rente de: 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine, 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois, sur le domaine du Vaudreuil, avec 2 charretées de foin dans la prairie de Vaudreuil.

 La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près ; l’église, qui subsiste encore, est bâtie dans le style roman du XIe ou du XIIe siècle.

 En 1184, les religieux avaient une rente de 10 l. qu’ils tenaient de la générosité du Roi.

 Au milieu du XIIIe siècle, l’archevêque Eudes Rigaud, visita le prieuré de Montaure à différentes fois. La première eut lieu le 15 mai 1250. Le Prélat constata la présence de 4 moines, tous prêtres... Il leur ordonna d’observer les jeûnes. Ils ont 160 l. de revenu... Nous avons prescrit de donner plus largement l'aumône aux pauvres…

 Cinq ans plus tard, nouvelle visite. L’archevêque constate qu’il n’y a plus que deux religieux, alors qu’il devrait y en avoir au moins trois. Il défend de laisser les femmes manger dans la maison.

 Le 26 août 1258, nous avons, dit le  prélat, été hébergé à Montaure. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’un seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse ; leurs revenus sont de VIIIxx livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu, nous avons trouvé toutes choses en bon état.

 Le 7 juillet de la même année, Eudes Rigaud célébra dans le prieuré de Montaure, le mariage de Guillaume de Prémery, son panetier, avec Jeanne, sa femme.

 La dernière visite de l’infatigable archevêque au prieuré de Montaure, est du 13 mai 1269. Il n’y avait que deux moines au lieu de trois, Eudes Rigaud leur défendit de laisser les femmes entrer dans leur maison, etc.

 Le 7 décembre 1339, Guillaume Saoul, prieur de Montaure, assistait aux derniers moments du célèbre Jean Roussel, dit Marc-d’Argent.

 En 1397, Jean d’Oynel esc. et un certain nombre de bourgeois, s’étant rendus coupables d’injures et de voies de fait envers les religieux de Montaure, et ayant commis de grands dégâts dans le Prieuré, furent condamnés par l’Échiquier à faire amende honorable.

 " C’était un jour de fête de Notre-Dame, la foire se tenant à Montaure... Ils s’étaient rendus au prieuré, (d’Oynel et ses complices), là, publiquement en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent les dits excès et maléfices, lui requérant humblement qu’il leur pardonnât ce qu’il fit, se relevant alors, on les vit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin, au prieur, 200 l. d’amende profitable.

 Pendant les guerres de Religion le prieuré de Montaure fut pris par un sieur de la Personne, des mains duquel le retira Dom Alexis Durand, dernier prieur en règle.

 Montaure tomba plus tard dans les mains de Baltazard Poidevin, qui porta le titre d’abbé de St.-Ouen, de 1620 à 1638.

 Parmi les prieurs de Montaure, nous  citerons encore ;

 Dom Jean le Cauf, Dom Laurent Alorge, Pierre de Godefroy, Jean Philippe.

 Carmes déchaussés.

 Au moment où  le prieuré de Montaure s’éteignait, une autre fondation pieuse lui succéda.

La 5e garde de la forêt de Bord, appelée du Chastel, fut donnée par Louis XIV, aux Carmes-Déchaussés de Rouen, qui y construisirent une maison de leur ordre sous le nom du Désert de Notre-Dame du Secours.

La première pierre fut posée le 20 juillet 1663, par Messire Guy du Val, seigneur de Bonneval, chevalier, Président à Mortier au Parlement de Rouen.

En 1791, les capucins d’Andely furent envoyés à Montaure.

Le domaine de la Garde Châtel composé de 203 hectares dont un parc de 135 hectares, appartient actuellement à la veuve de M. Le Prou.

Léproserie.

 On signale à Montaure en 1253, une léproserie qui avait une chapelle dédiée a St-Blaise.

 MONTAURE. cant. de Pont-de-l’Arche à 140 m. d’alt. – sol : alluvium et craie. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche à la R. dép. n° 13. – Surf. terr. 1016 hect. – Pop. 1203 hab. – 4 cont. 9,235 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 5,347 fr . – * de Louviers. – Percep. et Rec, Cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – Écoles spéc. de 82 garc. et de 80 filles. – 1 maison d’école. – 5 déb. de boissons. – 14 per. de chasse. – Dist. en kil. au ch.-l. de dép. 29 ; d’arr. 8 ; de cant. 9.

 Dépendances, Blaquetuit, Écrosville, Les Fosses, La Vallée.

 Agriculture, céréales, forêt.

 Industrie, 2 fab. de poterie, – 1 tuilerie, tissage de draps chez les particuliers.

 31 patentés.

[1] Arch. Seine-Inf.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[2] Ordéric Vital.

par Armand LAUNAY publié dans : Montaure
 
 
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